Pendant que la France augmente les impôts sur les entreprises, l’Allemagne baisse les siens

Ça y est : la foire aux impôts a été ouverte par le Gouvernement. La présentation du projet de budget pour 2027, ce jeudi 1er octobre 2026, a confirmé toutes les craintes des chefs d’entreprise. Le Premier ministre a beau avoir promis aucune hausse généralisée des impôts, la pression fiscale va bel et bien s’intensifier l’année prochaine.

Les principales mesures sont :

  • le blocage des allègements de charges sur les bas salaires (qui ne suivra plus la hausse du Smic) décidé en juin de cette année est prolongé en 2027. Le Gouvernement espère en tirer 5,5 Md€ en deux ans ;
  • l’intégration de l’épargne salariale dans la base de calcul des allègements de charges pourrait, elle, rapporter 3,7 Md€ ;
  • le maintien de la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises avec cependant un taux réduit. Elle rapporterait tout de même 5 Md€ (contre 7 Md€ en 2026) ;
  • la hausse de la cotisation patronale accidents du travail et maladies professionnelles ;
  • la suppression de l’avantage fiscal accordé aux véhicules thermiques des flottes d’entreprise ;
  • l’élargissement de la taxe dite « soda » aux produits sucrés transformés qui devrait rapporter 200 M€ supplémentaires ;
  • l’augmentation de la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance (TEITLD), instaurée en 2024, qui pèse sur les concessionnaires d’autoroutes et les exploitants aéroportuaires. Le Gouvernement espère y gagner 1,4 milliard d’euros (Md€) contre 600 millions d’euros (M€) cette année ;
  • l’alignement du taux de TVA des abonnements à Canal+ sur celui des plateformes de vidéos à la demande (20% au lieu de 10%) qui pourrait coûter jusqu’à 200 M€ à la chaîne ;
  • le retour de la surtaxe sur les bénéfices des armateurs (déjà appliquée en 2025, mais supprimée en 2026) dont plusieurs centaines de millions d’euros sont espérés.

Au bas mot, les entreprises devront s’acquitter de 15 Md€ supplémentaires d’impôts, taxes ou cotisations en 2027.

Pendant ce temps-là, l’Allemagne a mis en place un « wachstumsbooster » (accélérateur de croissance) qui permet d’amortir jusqu’à 30% des montants investis en équipements au cours des années 2025, 2026 et 2027, contre 10% à 20% jusqu’alors. En 2028, la mesure sera remplacée par une réduction de l’impôt sur les sociétés d’un point par an avec l’objectif de passer d’un taux de 15% aujourd’hui à 10% en 2032. La fiscalité totale sur les entreprises devrait ainsi passer de 30% actuellement à 25%. Le journal Handelsblatt a estimé que ces mesures allègeraient la facture fiscale des entreprises d’environ 4 Md€ en 2026 et de 17 Md€ en 2029.

Après plusieurs années de croissance nulle ou négative, l’Allemagne redresse la barre et table sur 1,3% de croissance en 2026 tandis que la France en espère péniblement 0,4%. Le Gouvernement pense-t-il vraiment pouvoir sortir de la crise en accablant encore davantage les entreprises ?