La Métropole du Grand Paris, Stellantis et l’opérateur de VTC Bolt préparent le déploiement d’une flotte de véhicules sans chauffeur en Île-de-France, tandis que la ville de Clichy et G7 poussent une alternative tricolore. Un marché émergent qui s’appuie notamment sur la technologie du géant américain des puces Nvidia, associé à l’intelligence artificielle du britannique Wayve et du chinois Pony.ai.
Les premiers robotaxis sans conducteur dans le Grand Paris d’ici 2028 ? C’est une annonce qui ne va pas réjouir les chauffeurs de taxis et de VTC : la Métropole du Grand Paris, Stellantis et Bolt vont prochainement déployer des véhicules autonomes en région parisienne, d’après nos confrères de La Tribune.
Paris rejoint ainsi enfin le bal des grandes métropoles européennes. Alors que Londres, Munich, Madrid ou Zagreb ont déjà multiplié les expérimentations ces derniers mois, la région francilienne s’apprête à son tour à rattraper son retard. Ce service s’inscrira dans le cadre du programme européen “Autonomous Drive Ambition Cities” (ADACities), avec l’ambition de desservir une trentaine de communes à l’horizon 2030, en commençant par cinq villes des Hauts-de-Seine avant une possible extension vers l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
Une alliance technologique entre Stellantis, Nvidia, Wayve et Pony.ai
Pour armer ses vans électriques Peugeot e-Traveller, Stellantis fournit des véhicules dits “L4-Ready” (prêts pour la conduite autonome de niveau 4), c’est-à-dire pré-équipés dès l’usine avec des systèmes de sécurité doublés pour la direction et le freinage, prêts à recevoir le logiciel de conduite autonome.
“Cette collaboration permettra d’accélérer le déploiement de technologies de conduite autonome”, a confirmé Stellantis dans un communiqué.
Le groupe américain Nvidia fournit sa plateforme informatique Hyperion et son système Halos OS pour traiter la monstrueuse quantité de données nécessaire. L’américain est épaulé par la pépite britannique Wayve (déjà partenaire d’Uber à Londres) pour l’apprentissage de l’intelligence artificielle en temps réel, tandis que le chinois Pony.ai apporte son algorithme fort de plus de 100 millions de kilomètres parcourus.
Un choix d’ingénierie jugé pragmatique face à l’absence de solution 100% européenne, mais qui fait grincer des dents plusieurs industriels tricolores redoutant une “invasion chinoise”, explique La Tribune. Pour obtenir l’autorisation de circuler en France, la technologie de Pony.ai devra d’ailleurs exécuter ses décisions de conduite directement à bord du véhicule, sans transfert de données cartographiques ou d’images hors de l’Union européenne.
Crainte des taxis et riposte 100% française à Clichy
Ce projet de véhicules autonomes suscite déjà une vive inquiétude chez les professionnels du secteur. Les principales fédérations de taxis demandent au gouvernement de réserver en priorité les autorisations d’exploitation aux titulaires de licences existantes, tout en exigeant une stricte équité fiscale.
Présent aux Assises du véhicule autonome, le ministre des Transports Philippe Tabarot a garanti que la France adapterait son cadre réglementaire pour accompagner ces évolutions et autoriser la circulation sans chauffeur, tout en promettant d’associer la profession et de maintenir de fortes exigences de sécurité.
Mais la riposte tricolore s’organise déjà face à cette alliance internationale : la Ville de Clichy (Hauts-de-Seine), la société de taxis G7 et le spécialiste français du véhicule autonome Milla ont déposé leur propre candidature à ce même programme européen ADACities. Leur objectif est de proposer une alternative 100% souveraine, opérée main dans la main avec les chauffeurs de taxis professionnels et progressivement déployée dans le Nord-Ouest parisien.
Des navettes publiques aussi à Paris-Saclay dès 2028
Parallèlement aux initiatives privées, Île-de-France Mobilités (IDFM) a profité des Assises pour annoncer le lancement d’un premier service de transport collectif sans chauffeur. Ce projet pilote débutera début 2028 sur le secteur Versailles Grand Parc, Saint-Quentin-en-Yvelines et Paris-Saclay, avec une extension visée à partir de 2030 pour renforcer la desserte des zones peu couvertes par les réseaux habituels. Pour encadrer l’ensemble de ces déploiements, le ministère des Transports fixera au premier semestre 2027 une doctrine d’homologation nationale définissant les règles de sécurité étape par étape.









