Made in France numérique : “C’est la clé de la liberté”, …

La souveraineté ne se limite pas à fabriquer des produits en France. Elle concerne aussi les services, les logiciels et la maîtrise des données. C’est le message défendu par Gilles Attaf, qui explique au micro de Sud Radio pourquoi il est essentiel de développer des certifications permettant d’identifier l’origine des produits et des services.

« Moi, je pense que la souveraineté, c’est toute une chaîne de valeurs », explique-t-il. Après avoir développé une certification pour les produits français, son organisation s’intéresse désormais aux services et au numérique, avec le lancement de Numérique France Garantie. 

Maîtriser ses données pour préserver sa souveraineté

Pour Gilles Attaf, la dépendance aux acteurs étrangers peut fragiliser les entreprises françaises, notamment lorsque leurs données sont hébergées à l’étranger ou qu’elles dépendent de sociétés soumises à des législations étrangères.

« Aujourd’hui, lorsque vous voulez réindustrialiser et que vous n’avez pas la maîtrise de vos données, si les datas sont à l’étranger, si le bénéficiaire final d’une entreprise est à l’étranger, vous pouvez […] subir l’extraterritorialité, notamment avec […] le Cloud Act américain », alerte-t-il.

Le Cloud Act, une loi américaine adoptée en 2018, permet sous certaines conditions aux autorités américaines d’obtenir des données détenues par des fournisseurs de services électroniques soumis à la juridiction des États-Unis, d’où l’importance de garder son indépendance.

 La certification Numérique France Garantie vise ainsi à apporter davantage de transparence aux consommateurs et aux entreprises sur l’origine des services numériques. « La souveraineté, c’est la clé de la liberté. Ce n’est pas se refermer sur soi-même, c’est la capacité qu’on a à faire des choix », affirme-t-il. 

Choisir une entreprise française change « l’image de la société »

« Lorsqu’une entreprise, elle décide de faire appel à un centre d’appel français, pour son entreprise, c’est une image qu’elle donne aussi », souligne Gilles Attaf. Pour lui, soutenir les entreprises françaises ne relève pas seulement d’un choix économique, mais aussi d’un engagement « parce derrière, c’est l’image de la société qui est en jeu. », conclut-il.